Le Betteravier français : La CGB rassemble près de 90 % des betteraviers
Entre la réforme sucre de 2006 et la prochaine campagne 2009, les planteurs
devront débourser 3 € de plus pour produire 1 tonne de betteraves ! La hausse
du prix du pétrole qui change la donne pour les charges (engrais, fuel), mais
aussi le prix élevé des cultures alternatives obligent les planteurs à
réfléchir plutôt deux fois qu’une lors du choix de leurs assolements.
Et pour sécuriser l’approvisionnement des usines en betteraves hors quota,
il est donc impératif de donner un coup de pouce à la recette des planteurs.
Deux mesures s’imposent : Bruxelles doit supprimer la taxe à la production sur
le sucre et sur la betterave hors quota, devenue obsolète (p. 2), et les
fabricants doivent pouvoir rémunérer à 23 €/t minimum les betteraves hors quota
de la campagne 2009-2010, hors recette pulpes (p. 3).
Les fabricants doivent en effet comprendre que les planteurs ont plus que
jamais besoin de lisibilité pour décider dès cet été leurs assolements 2009. Il
est donc inconcevable que soient proposés des contrats sans prix pour les
betteraves hors quota dans un contexte qui requiert une forte mobilisation.
Pourquoi prendre un tel risque ?
Les biocarburants offrent un exemple de plus d’un manque de lisibilité.
Pourquoi le gouvernement n’est-il pas plus présent pour les défendre alors
qu’en matière de carburants liquides ils sont la seule solution à court terme
pour une moindre dépendance du pétrole et une moindre pollution dans nos villes
? Et pourquoi Jean-Louis Borloo ne dit-il pas clairement que le respect de l’objectif
européen de 10 % d’énergie renouvelable dans les transports à horizon 2020 ne
peut que passer par un recours massif aux biocarburants ?
Enfin, le rendez-vous OMC du 21 juillet laisse planer la très grave menace
d’un mauvais accord, dommageable pour l’agriculture européenne, alors que les
économistes s’accordent à dire qu’il faudra produire plus pour nourrir la
planète dans les prochaines décennies (p.5). Les agriculteurs ont bien retenu
les engagements du président Sarkozy. C’est dans l’adversité qu’ils sauront en
mesurer la juste valeur. Là encore, nous avons besoin de lisibilité.