Le directeur général de l’ITB a rappelé au cours des différentes assemblées générales de syndicats betteraviers que les rendements betteraves progressent mieux que pour les autres grandes cultures. Le réchauffement climatique en est, pour une part importante, le moteur, valorisé grâce aux évolutions génétiques, sans oublier le savoir-faire des planteurs. Des nouvelles résistances se sont révélées nécessaires : rhizomanie, nématodes, rhizoctone et cercosporiose.
L'activation des graines a aussi joué un rôle important, avec des gains en vitesse de levée et une meilleure implantation de la culture.
Afin de conserver la qualité des lots stockés à la ferme, l’ITB recommande la conservation en sac plastique fermé des boîtes de graines ouvertes.
Une autre piste de progrès pourrait être des semis très précoces : des gains importants sont possibles avec des variétés plus résistantes à la montée à graines, comme l’ont démontré des essais dans le Nord en 2008.
Mais le vrai progrès se fera grâce à une rupture technologique. En clair, avec les OGM. Des chercheurs australiens ont par exemple mis au point, sur la canne à sucre, la technologie SugarBooster qui permet le doublement de la production du sucre/ha. Cette technologie est théoriquement possible sur betterave.
Des sources d'économies
Des progrès remarquables ont déjà été réalisés sur les apports d’azote grâce au développement de la méthode du bilan.
L’investissement dans une analyse de reliquat est rentable : pour une parcelle de 8 ha, un apport surévalué de 30 kg/ha coûte 450 € (perte récolte 190 €, engrais supplémentaire 260 €). Une sous-évaluation de 30 kg coûte 250 € (perte récolte 510 €, engrais économisé – 260 €). Alors qu’en face une mesure de reliquat pour bien ajuster la dose coûte 65 € !
Par ailleurs, des enquêtes de l’ITB montrent que pour la fertilisation K2O, dans une parcelle sur deux, il y a des économies possibles de 50 € à plus de 200 €/ha.
Pour la fertilisation P2O5, dans une parcelle sur trois, une économie de 40 € à plus de 100 €/ha est possible. On peut améliorer la fertilisation P et K à l’aide de Fertibet, outil en ligne disponible sur le site Internet de l’ITB.
Enfin, ajuster les fongicides avec Resobet-Fongi a permis en 2008 d’économiser 0,4 traitement, ce qui représente 11 €/ha.
Les projets après Grenelle
L’ITB mène plusieurs projets pour répondre aux demandes du Grenelle de l’environnement. Il y a notamment le reliquat simulé ou “virtuel” pour réduire les coûts de prélèvement et d’analyse. Le prototype sera mis en place en 2010 pour un développement dès 2011. L’ITB est membre du Groupement d’Intérêt Scientifique (GIS) “Système de production de Grande culture à Hautes Performances Economiques et Environnementales ”. Son rôle est d’identifier les pistes d’innovation, de lever certains verrous techniques et de concevoir des systèmes de production innovants et durables.
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