Record de rendement, record de richesse en sucre, record de durée de fabrication, record de tare terre et de tare collet… Et les prix mondiaux au plus haut. La campagne 2009-2010 est exceptionnelle à plus d’un titre.
Le rendement moyen national est donc de 94,6 t/ha à 16 (contre 87 t/ha en 2008) avec une richesse de 19,45°S (contre 18,83°S en 2008), ce qui donne un rendement en sucre blanc extrait de 14,2 t/ha.
Les taux de tare établissent également un record, avec une tare terre sur N1 de 9,2 % (contre 11,7 % en 2008) et une tare collet sur N2 de 9,5 % (contre 10,4 % en 2008).
Enfin, la durée de campagne moyenne est de 100 jours, soit 13 jours de plus que l’année dernière !
Trois usines dépassent les 100 t/ha à 16 de moyenne : Toury (103,9 t/ha) dans le Loiret, Sillery (101 t/ha) dans la Marne et Erstein (100,3 t/ha) en Alsace. Des rendements record à plus de 140 t/ha de betteraves à 16 ont été enregistrés chez des planteurs.
L’autre caractéristique de cette campagne est le très haut niveau de richesse en sucre avec, par exemple, une moyenne de 20,54 °S pour l’usine de Pithiviers. Or, le barème de paiement à la richesse pénalise les betteraves d’une richesse supérieure à 19 °S.
La CGB estime donc que le barème richesse est inadapté à la betterave d’aujourd’hui et qu’il doit être corrigé. Par ailleurs, les variétés riches sont sensiblement moins productives, ce qui pénalise une deuxième fois la recette du planteur au travers du rendement.
Le bon résultat sur la tare terre s’explique en partie par le fait que le déterrage concerne aujourd’hui 52 % des betteraves françaises.
Quant au taux de collet, il s’affiche en baisse. En effet, les contrôles dans les centres de réception se sont montrés efficaces pour faire respecter la réglementation. Au total, ce rendement moyen français exceptionnel permet d’atteindre une production record de 35 Mt, soit environ 5 Mt de betteraves excédentaires.
Pas de report obligatoire,
sauf chez Saint Louis Sucre
Tous les industriels vont proposer d’acheter les betteraves excédentaires, sauf Saint Louis Sucre, qui va obliger les planteurs ayant les excédents les plus importants à reporter une partie de leurs betteraves excédentaires.
En effet, Saint Louis Sucre a indiqué que, pour les planteurs qui ne dépassent pas 17 %, il achètera l’intégralité de l’excédent.
Pour ceux qui ont un excédent compris entre 17 % et 30 % de leurs droits + contrats fermes, les betteraves excédentaires achetées le seront dans la limite de 17 % des droits + contrats.
Enfin, pour les planteurs dépassant de 30 % leurs droits + contrats fermes, Saint Louis Sucre n’achètera les excédents qu’à hauteur de 10 %. Concernant les autres groupes sucriers, rappelons que la décision de reporter ou non reste une prérogative du planteur et que chacun doit faire ses calculs en fonction du prix que propose le sucrier.
Prix variables selon les industriels
Le prix des betteraves excédentaires est variable d’un industriel à l’autre selon les débouchés qu’il a pu valoriser. Les industriels ont en effet plusieurs solutions pour écouler les sucres excédentaires : exporter sur le marché mondial (la France a reçu 450 000 t de certificats sucre), travailler à façon le quota sucre des DOM qui n’a pas été rempli cette année (environ 160 000 t ), trouver des nouveaux débouchés industriels, produire plus d’éthanol et d’alcool ou, en dernier ressort, stocker du sucre (avec ou sans reporter les betteraves). La CGB reste attentive à l’écoulement des quantités de sucre qui resteraient à ce jour sans débouchés. Ainsi les planteurs européens demandent que toutes les exportations de sucre soient relancées au-delà de la limite de l’OMC.
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