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  • Ils transforment les DéCHETS VERTS pour les agriculteurs

    Rien ne se perd, tout se transforme chez les Frères Dufour
    qui appliquent à la lettre la célèbre maxime de Lavoisier.
    Les planteurs de betteraves ont créé la société Fertivert transformant les déchets verts des collectivités revendus
    sous forme de compost aux agriculteurs.


    Chez les Dufour, en Pays de Caux, entre Dieppe et Rouen, on a la fibre écologique. Les deux frères, Ludovic et Grégoire, - âgés respectivement de 43 et 39 ans exploitant chacun une ferme céréalière et d’élevage avec du blé, colza, lin, betteraves sucrières, pommes de terre - ont créé en 2002 une société pour transformer les déchets verts en compost. Ici, entre terre et mer, rien ne se perd. Les agriculteurs transforment les déchets pour les remettre en terre sous forme de fertilisants. « On s’est lancés dans le processus parce qu’on manquait de matières organiques dans les sols qui s’appauvrissaient de plus en plus. Nous avons cherché une solution et c’est le traitement des déchets verts qui nous est apparu le plus opportun et surtout le plus propre », explique Ludovic Dufour échaudé par la tempête de 1999 et les effets néfastes des phénomènes d’érosion dans la région. A l’époque, il contracte un CTE (contrat territorial d’exploitation) environnemental pour remédier au problème de ruissellement sur des terres nues durant tout l’hiver où l’eau en abondance charrie tout le limon.

    Un fertilisant 100 % naturel
    Les deux frères, engagés dans le développement durable, réalisent une aire de compostage de 8 000 m2 (10 000 m2 aujourd’hui) sur une ancienne base de lancement de V1 de la seconde guerre mondiale et font l’acquisition des matériels nécessaires au traitement des déchets collectés auprès des communautés de communes et des syndicats d’ordures ménagères. Les déchets pris en charge, tonte de gazon, élagage d’arbres, tous les déchets fermentescibles et du domaine agricole sont transformés selon la méthode la plus simple qui soit : broyage, criblage, nettoyage pour enlever les impuretés (ferraille, cailloux, métaux lourds, etc.). Au bout de quatre mois de fermentation, le compost analysé pour répondre aux normes ISO 9001 (qualité) et 14001 (environnement) est commercialisé auprès des agriculteurs (95 % de la production), paysagistes, horticulteurs, jardiniers et aux particuliers en Haute-Normandie pour fertiliser la terre.
    « Le compost est aussi riche que le fumier en matières organiques avec des éléments minéraux (potasse, phosphore, calcium et magnésium) », insiste le planteur. Les fractions de bois non décomposées servent de combustible pour les chaudières bois biomasse. Les frères Dufour viennent de s’équiper d’une chaudière à bois subventionnée par le Conseil général de Seine-Maritime, dans le cadre des appels à projets sur l’usage des énergies renouvelables en agriculture, qui chauffe la maison et un atelier de réparation de palettes.
    La nature en bonnes mains

    Ludovic Dufour, fervent défenseur de la betterave, soulignant « les relations excellentes avec la sucrerie SAFBA de Fontaine-le-Dun » et les rendements « en constante amélioration de cette culture historique dans la région que l’on maîtrise parfaitement », mesure tout le chemin parcouru depuis 2002 et la situation du marché qui a changé. « Nous sommes très concurrencés avec un fort développement des activités de compost sur un marché qui arrive à saturation et le développement des unités de méthanisation », observe le planteur de betteraves qui sait qu’il va devoir à nouveau inventer. Mais l’environnement, il connaît et la nature est en bonnes mains avec lui et son frère, comme l’indique le slogan de Planète Terre, la marque des agriculteurs composteurs de France à laquelle ils adhèrent.