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  • Pas de Salon au château

    Sous la pression de deux associations écologistes, appuyées par Yann Arthus-Bertrand,
    l’Elysée a décidé de refuser le château de Rambouillet aux organisateurs du prochain Salon
    de la chasse (du 26 au 29 mars).


    Le Salon de la chasse de Rambouillet a acquis en quelques années une réputation internationale. On vient de toute l’Europe pour le visiter et il est devenu la référence en matière de Salon spécialisé. Il accueille, il est vrai, toutes les grandes institutions : Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage, Fédération Nationale des Chasseurs, Fédération Interdépartementale des Chasseurs de Paris, Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne, Fédération Interdépartementale des Chasseurs de l’Essonne, du Val-d’Oise et des Yvelines.
    Plus de 40 000 visiteurs plébiscitent ce rendez-vous pour trois raisons : il regroupe tous les acteurs majeurs, l’ambiance qui y règne est chaleureuse, c’est à Rambouillet que la future saison se prépare.
    A la fois haut lieu de consommation cynégétique et enceinte de réflexion et de dialogue avec tous les acteurs concernés, cette manifestation n’a, a priori, rien de honteux. C’est la raison pour laquelle les organisateurs avaient, cette année, obtenu l’accord présidentiel de le transférer dans le cadre prestigieux du château de Rambouillet. Rien de surprenant. Le domaine présidentiel est historiquement dédié à la chasse, même si sa vocation est différente aujourd’hui. Tout allait pour le mieux quand, douche froide, l’Elysée a brusquement opposé son veto. Sollicité par Yann Arthus-Bertrand et deux associations écolos, le cabinet de
    Nicolas Sarkozy, c’est-à-dire Nicolas Sarkozy lui-même, a fait marche arrière. Le motif invoqué est ridicule : atteinte à un site classé Natura 2000 ! Comme si le fait d’implanter un chapiteau dans le parc allait ravager le milieu !
    Yann Arthus-Bertrand, talentueux photographe, s’est longtemps contenté d’exposer de beaux chromos jusqu’au jour où le tsunami écolo l’a saisi. Comme son compère Nicolas Hulot, il a alors compris que surfer sur la grande verte pouvait avoir les plus heureux effets sur ses entreprises, que les budgets s’ouvraient tout grands, que le monde politique lui souriait et que même l’Elysée lui faisait les yeux doux. Qu’importe les fadaises débitées à la chaîne, qu’importe ses dérapages sur le réchauffement climatique. Entre autre bêtise assénée par le photographe : si l’Arctique fond, le niveau de la mer va monter de trois mètres. Prenez un verre d’eau et un glaçon. Laissez-le fondre. Le niveau de l’eau a monté ?
    Mais bon, chacun a ses marottes. Yann Arthus-Bertrand a tout à fait le droit d’annoncer l’Apocalypse et même de faire du rase-mottes en hélico au-dessus des troupeaux d’éléphants. L’embêtant, c’est quand il se pose à l’Elysée pour interdire au Salon de la chasse de se dérouler dans le parc du château de Rambouillet. Faut-il que le lobby écolo soit menaçant pour que le Président lui donne un nouveau gage ! Le Vert est mis partout et notamment à Rambouillet où le candidat de ce parti a fait dernièrement un bon score à la législative partielle.
    Du coup, Nicolas Sarkozy se fait du souci ! Nicolas Hulot fait la pluie et le beau temps à l’Elysée et il suffit que le photographe se fâche pour que l’Elysée rompe. On se souvient pourtant que le candidat
    Sarkozy avait défendu la chasse, insistant notamment sur le fait qu’elle contribuait aux équilibres naturels. Autoriser le Salon annuel à se dérouler dans le cadre du château de Rambouillet aurait légitimé cette prise de position. Le revirement de dernière minute est-il au moins une habile décision politique ? Ce n’est pas certain. Le Président vient en effet de se mettre à dos le monde de la chasse sans pour autant avoir la certitude d’obtenir l’appui de ses faux amis.