C’est en effet l’absence de régulation financière qui permet de telles aberrations. Cette même absence est à l’origine de la spéculation sur les matières premières agricoles qui provoque les émeutes de la faim ainsi qu’une volatilité des prix agricoles invivables pour les agriculteurs et les consommateurs.
Et il serait vain que l’UE définisse une PAC post-2013 si la dérégulation financière devait continuer d’imposer sa loi. Les agriculteurs ne peuvent en effet avoir de visibilité pour leur avenir tant qu’il n’y aura pas une régulation des marchés financiers et agricoles, la seconde n’allant pas sans la première.
Dans un tel cadre guère rassurant, la compétitivité des exploitations agricoles est une nécessité tant en termes de pérennité que de développement. C’est pourquoi il est inquiétant de voir que nos concurrents européens marquent des points sur le front des grandes cultures (p. 4) tandis que le gouvernement s’apprête à appliquer aux céréaliers une très pénalisante baisse de leurs aides directes.
La betterave semble mieux tirer son épingle du jeu en matière de compétitivité grâce à la progression annuelle régulière de ses rendements qui a conduit à une nouvelle production record pour la récolte 2009. C’est un facteur rassurant pour l’avenir de nos exploitations de grandes cultures.
Par contre, les premières indications des fabricants de sucre sur les prix des betteraves excédentaires correspondantes aux sucres exportés ne peuvent pas satisfaire les planteurs. Une nouvelle fois, des prix nous sont imposés. Le rôle de la future loi de modernisation agricole (LMA) n’en est que plus important pour instaurer une vraie négociation interprofessionnelle sur le prix des betteraves hors quota. Nous attendons donc du législateur qu’il apporte sa pierre à la mise en place d’un dispositif national efficace.
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