Débuter sa carrière alors que la crise agricole bat son plein, voir ses aides amputées de près de 85 €/ha au bout de la 3e campagne (bilan de santé oblige), et se préparer à une réforme drastique de la PAC pour dans trois ans… Ce n’est pas facile mais l’exploitation de Xavier Diehl située à Brissay-Choigny, dans l’Aisne, trouve son équilibre avec des fermes voisines : celle de son père, tout d’abord, et de 3 voisins. Xavier Dielh a repris une partie de l’exploitation de son père : 100 ha avec une majorité de blé, 20 ha de betteraves et de la féverole. Après un an de travail pour monter son dossier d’installation et effectuer son stage, Xavier Dielh s’est installé en mars 2007, l’année où les prix du blé étaient au plus haut. La première campagne fut donc une bonne surprise, d’autant que le dossier d’installation était basé sur des prix plus faibles. « Tout le monde s’en sortait bien », se rappelle-t-il.
Le choix du prix moyen
Pour sa première campagne (2007-2008), il a vendu au prix ferme à 145 €/t. Puis, il a préféré choisir le prix moyen de la coopérative Cohesis pour plus de sécurité (100 €/t pour 2008-2009 ). « Pour bien valoriser au prix ferme, il faut vendre au bon moment. Je ne veux pas risquer ma récolte, alors que je débute ». La campagne 2009-2010 s’est bien passée au niveau des rendements (90 qx/ha), mais les prix risquent d’être encore moins bons qu’en 2008-2009.
« Aujourd’hui, c’est difficile, mais je m’en sort. Je suis célibataire et je n’ai pas de charge de famille ».
Quant à l’avenir, il est incertain. « L’après-2013, c’est le trou noir ».
Dans ce contexte, « le travail en commun et la diminution des intrants devient une nécessité absolue ».
Pour compenser les mauvais prix, Xavier Dielh mise sur la baisse des coûts de production en travaillant avec son père et des voisins et en raisonnant au maximum les traitements phytosanitaires.
Au niveau du matériel, il ne possède que le minimum : un tracteur, une remorque et du matériel de travail du sol.
Avec trois voisins et son père, il a investit dans une intégrale Holmer d’occasion qui a arraché 400 ha de betteraves cette année. Le coût d’arrachage et débardage ressort à 197 €/ha, contre 250 €/ha avec l’ancienne automotrice. Les semoirs, le pulvérisateur et la moissonneuse-batteuse sont aussi détenus en commun. Le but est de disposer de machines performantes pour réduire les coûts de mécanisation à l’hectare.
La place stratégique de la betterave
Avec ses prix garantis, la betterave occupe une place stratégique sur l’exploitation.
« Quand la question de l’abandon des betteraves s’est posée dans le cadre du plan de restructuration sucre, je n’ai pas réfléchi longtemps pour prendre la décision de continuer. Je ne le regrette pas du tout. »
Xavier Dielh vient de souscrire aux volumes supplémentaires proposés par Tereos à 20 €/t minimum. « J’ai répondu positivement à la proposition d’implanter 8 % de betteraves en plus. Pour moi cela fait 1,6 ha. J’ai déjà le matériel et il n’y a pas de risque économique. »
La betterave s’est imposée face à la fèverole malgré l’aide protéagineux supplémentaire. « Une betterave avec un rendement 80 t/ha à 20 €/t, c’est l’équivalent de 78 qx/ha de féverole à 130 €/t. Or mon meilleur rendement a été 60 qx/ha. Quant à l’aide protéagineux, je ne sais pas si elle sera vraiment de 125 €/ha ». Malgré la baisse des prix et des primes, Xavier Dielh ne regrette pas de s’être installé. « Avant tout je fais mon métier par passion ».
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