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  • Pulpes, pommes de terre, blé et tourteaux de colza sont mélangés au godet désileur ou avec un vieil épandeur.
    Revenus de l'exploitation : Nourrir ses bovins un jour sur deux

    Un betteravier du pays de Bray distribue l’alimentation à ses bovins quatre fois par semaine, afin de gagner du temps. Au menu, une ration à base de pulpes surpressées. Mais servie un jour sur deux.


    Eleveur de 100 vaches allaitantes et de 100 taurillons, Régis Tack souhaite réduire son temps de travail sur l’exploitation. Ce betteravier, situé dans le pays de Bray dans l’Oise, cultive 300 ha, dont 15 ha de betteraves et 60 ha de prairies permanentes. Depuis quelques années, il n’emploie plus qu’un salarié et explore des techniques économes en temps.

    Un jour maigre, un jour gras
    Première simplification, la ration adoptée est identique pour tous les animaux, seule varie la quantité par type d’animaux. «  Ma ration est à base de pulpes surpressées, livrées par la sucrerie d’Etrépagny. J’en achète 1 000 à 1 200 tonnes par an. J’incorpore 10 % de pommes de terre déclassées, achetées entre 18 et 30 € la tonne. J’ajoute par animal et par jour un demi-kilo de paille, 1,3 kg de tourteaux de colza, 0,8 kg de blé, 0,5 kg de vinasse de sucrerie et un complément minéral », dévoile-t-il. Dans un souci de gain de temps, la ration est préparée deux fois par semaine. Le mélange est réalisé soit au godet désileur, soit en mettant le tout dans un vieil épandeur à fumier. L’aliment est alors récupéré au sol. « Vu la rentabilité de l’élevage allaitant, je souhaite réduire les charges liées à l’élevage et ne pas acheter de matériel spécifique », avoue l’agriculteur. Autre objectif, limiter la pénibilité du travail : « Ici, on ne porte aucun seau », se félicite-t-il. Tout est mécanisé.
    Depuis 2002, Régis a osé une seconde simplification, suite à la lecture d’un article dans la presse spécialisée. « Un éleveur n’alimentait son troupeau qu’un jour sur deux. J’ai essayé et adopté ce système. Je distribue mon alimentation uniquement quatre fois par semaine ».
    Les taurillons et les vaches à engraisser en disposent à volonté. Le volume des bacs correspond à deux jours d’alimentation. Par contre, les vaches allaitantes et les génisses sont rationnées. En général, elles avalent leur ration en une journée. Le lendemain, elles se nourrissent uniquement de paille : un jour maigre, un jour gras ! La paille est disponible à volonté dans des râteliers. Avec cette organisation, les trois cents animaux (mères, veaux et taurillons) sont nourris en deux à trois heures trois fois à quatre fois dans la semaine. Avec le paillage, le travail d’astreinte se limite à une demi-journée quatre fois dans la semaine.
    L’éleveur souhaite maintenant améliorer son efficacité alimentaire. Il désire engraisser ses taurillons plus rapidement en incorporant du maïs ensilage dans sa ration. Mais il ne changera pas son rythme de distribution d’aliment !

    Des fiches pour gagner du temps
    La Région Picardie a édité 29 fiches intitulées « Le travail sur mon exploitation » dans le cadre du programme « Vivre l’élevage en Picardie ». Destinées aux éleveurs bovins et ovins, elles explorent les techniques pour gagner du temps ou diminuer la pénibilité. Une fiche présente les essais par la station expérimentale des Etablières (Vendée) de distribution d’alimentation 3 à 4 fois par semaine à des vaches allaitantes. Cette technique n’aurait pas d’incidence sur les performances techniques. Les quantités d’aliments absorbées seraient légèrement plus élevées en distribution simplifiée. Attention toutefois, si la quantité de concentré est élevée, à effectuer un mélange homogène. Dans certains cas, il est préférable de distribuer les concentrés quotidiennement. D’autre part, en cas de forte chaleur, les risques de fermentation existent avec des fourrages humides.