Syndicat betteravier d’Alsace : La BETTERAVE, alternative pour les maïsiculteurs

Pour les planteurs alsaciens réunis en assemblée générale à Oberhausbergen, le 3 février 2010,
la betterave n’a pas dit son dernier mot face aux céréales. La chrysomèle du maïs pourrait en effet contribuer à étoffer leurs rangs.


Pour Raymond Graff, président du syndicat betteravier d’Alsace, la contrainte de rotation faite aux producteurs de maïs dans les zones focus proches de l’usine d’Erstein oblige moralement les betteraviers à se montrer solidaires des céréaliers en leur proposant des contrats alcool et éthanol. En 2009, une vingtaine de nouveaux planteurs se sont lancés dans la culture. En 2010, il pourrait y en avoir d’autres, d’autant plus que la betterave a pulvérisé tous ses scores précédents pour établir un record de rendement à trois chiffres : 100,3 t/ha à 16. Autrement dit, 15,5 t/ha de sucre. Cette performance s’explique au premier chef par la richesse de l’année à 19,22 °S. Une tare totale de 13,6 %, la plus basse de France, complète le tableau. Au cours de l’assemblée générale de la section d’Erstein, de Cristal Union, couplée à celle du syndicat betteravier, les planteurs alsaciens ont appris que leur récolte allait, sauf surprise, leur être réglée entre 18 et 20 € la tonne d’excédent et 25,40 € la tonne de betterave du quota. 20 % des betteraves alcool bénéficieront également de ce dernier tarif. La betterave éthanol sera payée 22 €/t. « Une bonne nouvelle alors que le revenu céréalier a plongé de 34 % et le revenu laitier de plus de 50 % en 2009 », a commenté Raymond Graff.

Moderniser la réception

En l’absence d’informations suffisantes sur le court terme, le groupe Cristal Union préconise le maintien des surfaces 2010 à leur niveau de 2009. L’an passé, les planteurs alsaciens avaient semé 5 760 ha dont 20 % de betteraves alcool ou éthanol. Daniel Collard, président de Cristal Union, a souligné l’importance du défi énergétique à relever pour l’agriculture en affirmant que « la décennie à venir sera celle de la biomasse ». Les deux dirigeants de Cristal Union ont réaffirmé avec force que « les petites usines comme Erstein et Corbeilles avaient toute leur place au sein du groupe ». La coopérative a déjà beaucoup investi en Alsace et continuera sans doute de le faire pour moderniser un centre de réception qui accuse le poids des ans. Une solution de réception « betteraves entières » vue en Allemagne semble avoir la préférence des administrateurs du syndicat. Dans son intervention, Eric Lainé, président de la CGB, a rappelé que la période d’accalmie procurée par un prix stable de la betterave jusqu’en 2014 devait être mise à profit pour que les planteurs européens trouvent un consensus sur les orientations souhaitées du prochain Règlement des quotas sucre et du prix minimum de la betterave. La CGB plaide clairement pour le maintien des quotas et du prix minimum.

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