Chasse : Canards du Tchad

Pendant l’hiver, d’énormes concentrations de canards européens descendent sur tle lac. Cette aventure originale et élitiste émerveillera les sauvaginiers épris de nouveauté et qui souhaitent chasser en très petit comité.


C’est au bout du sable, au bout du désert, au bout du rien ou du presque rien que surgit l’eau salvatrice. Il suffit de s’en éloigner de quelques centaines de mètres pour retrouver un environnement hostile. Providentiel pour l’agriculture et la pêche, le lac Tchad est aussi une chance pour la biodiversité. On y voit quantité d’oiseaux, des gazelles, des antilopes (sitatungas) et même des éléphants dont on évalue la population lacustre à trois cents (3 000 pour l’ensemble du pays). Et, croyez-moi, tomber nez à nez avec un éléphant quand on va chasser le canard cause une sacrée émotion !
C’est donc ici que viennent hiverner beaucoup de nos anatidés du Paléarctique Occidental : sarcelles d’été, sarcelles d’hiver, pilets, souchets, fuligules nyrocas, pour ne citer ceux que l’on observe le plus fréquemment. Un paradis par conséquent pour le chasseur de gibier d’eau. Ces dernières années, les troubles qui ont éclaté ont dissuadé pas mal d’amateurs. En 2008, les rebelles sont arrivés aux portes du palais présidentiel de N’Djamena et le président lui-même a du faire le coup de feu. Appuyé par les forces militaires françaises, le Président a sauvé son pays. Deux ans plus tard, la situation a bien changé. Plus personne ne parle des rebelles qui ont reflué aux frontières du Soudan. L’aventure cynégétique commence donc dans la capitale après cinq heures trente d’avion. Il faut ensuite rouler pendant trois heures (deux heures de piste, une heure de goudron) pour rallier le camp installé au bord de l’eau.
Enormes concentrations d’oiseaux
Il fait chaud. La température monte facilement à 42 degrés à partir de dix heures du matin. La chasse s’organise à l’aube sur des marigots prospectés à l’avance. On sait donc si on va tirer plutôt des dendrocygnes (siffleurs), plutôt des canards casqués ou des oies de Gambie, plutôt des pilets et des souchets ou plutôt des sarcelles d’été. Les concentrations d’oiseaux défient l’entendement. Ce sont des milliers et des milliers de canards qui s’envolent d’un coup dans un bruit de ventilateur géant. On s’en va dans le marais en waders (obligatoires mais disponibles au camp) pour aller se poster sur les lignes de passage.
La vase n’est pas méchante, elle ne retient pas la botte, ce qui permet de marcher sans fatigue sur quelques centaines de mètres. Quand les chasseurs sont en place, Fred tire un coup de fusil en l’air et le feu d’artifice commence. Voir ce tourbillon de sarcelles, de souchets et de pilets est un régal. Comme la surface n’est pas trop encombrée d’herbes aquatiques, on retrouve les victimes assez facilement mais il faut toutefois savoir qu’un canard blessé – une sarcelle en particulier – reste un canard blessé et qu’il peut fort bien plonger et vous tirer sa révérence.
La passée du matin rythme la chasse. C’est elle qui donne le "la" avec parfois une petite passée du soir aux canards casqués ou armés. L’énorme oie de
Gambie paraît toujours immanquable, mais en réalité la faire tomber avec du 7 ½ relève de la gageure. Une certaine soirée, j’ai vidé ma cartouchière sur ces forteresses volantes en en tuant seulement une paire à très courte distance (aile cassée).
Pour chasseurs exigeants
L’après-midi, on chasse, au choix, la tourterelle, la pintade ou le francolin. Les concentrations de tourterelles sont impressionnantes. Il y a aussi beaucoup de pintades qui, le matin et le soir, sortent de fourrés inextricables pour aller se nourrir dans les champs. La ruse consiste à leur couper l’accès à leurs chères remises.
On les tire donc le plus souvent en petites battues.
Il est fortement déconseillé de suivre une pintade démontée "au fort" pour deux raisons : la première, c’est que l’oiseau coureur a toutes les chances de vous échapper ; la seconde c’est aussi que cette forteresse verte sert de refuge aux éléphants et qu’une rencontre du troisième type est à éviter autant que faire se peut …
Les propriétaires ont voulu être sélectifs. Ils ne souhaitent pas faire pratiquer la chasse de masse. La politique maison, c’est quatre fusils maximum. Chacun dispose ainsi de ses aises. Le camp se compose de cinq bungalows climatisés. Propreté impeccable, qu’il s’agisse des chambres, de la cuisine ou du bloc sanitaire (douches et toilettes) situées juste derrière.
Les pisteurs, bien habillés, dévoués et disciplinés habitent sur place dans des "boukarous" spécialement construits pour eux. La cuisine ne doit rien à celle d’un restaurant européen, le personnel est au petit soin, le service parfait. Nous parlons donc d’un camp dont les standards sont au-dessus de la moyenne et qui s’adresse à des chasseurs exigeants qui ont envie de passer une semaine en très petit comité.

Contact : Orchape : 01 40 55 40 40

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